mercredi 8 novembre 2017

La chambre des officiers


La chambre des officiers
Edition JC Lattès  •  172 pages  •  1998
 
1914. Tout sourit à Adrien, ingénieur officier. La guerre éclate et lors d'une reconnaissance sur les bords de la Meuse, un éclat d'obus le défigure. Le voilà devenu une "gueule cassée". Adrien ne connaîtra pas les tranchées mais le Val-de-Grâce, dans une chambre réservée aux officiers. Une pièce sans miroir, où l'on ne se voit que dans le regard des autres. Adrien y restera cinq ans. Cinq ans pour penser à l'après, pour penser à Clémence qui l'a connu avec sa gueule d'ange...

Ma lecture n’était pas comme je l’avais espéré mais ce fût une bonne surprise. Je m’attendais à un roman plein d’actions, racontant la guerre mais j’ai découvert un texte plus posé, plus concentré sur les dessous de la guerre plutôt que sa « réalité ». Les chapitres sont très irréguliers, certains font à peine deux pages tandis que d’autres font plus de 30 pages. Malgré tout, le rythme est plutôt régulier bien que peu rapide. Durant ma lecture, je n’ai pas vraiment ressenti un manque de développement ou de précision alors que le roman est plutôt court puisqu’il fait moins de 200 pages, ce qui est un bon point. Malgré tout, la fin est un peu rapide à mon goût.

Ce que j’ai énormément apprécié, c’est que l’auteur prend le parti de raconter le comportement de la société vis-à-vis des gueules-cassées. On assiste donc à un récit de vie où l’auteur montre à quel point les soldats, les poilus principalement, étaient méprisés, ignorés et moqués par la population française. Quand ils se baladaient dans la rue, les regards ne cessaient de se poser sur eux pour les dévisager de la tête aux pieds (s’ils les avaient encore !). Ils parlent également de leurs sentiments comme, par exemple, le fait d’être aimé et je trouvais très intéressant que ce sujet soit enfin traité.

Adrien, tu es mon ami, je sais ce que tu ressens et je vais être direct. C'est un luxe qu'on ne peut pas se permettre, tu comprends. Arrête tout de suite. Tu te prépares trop de souffrances. Tu sais ce que c'est, l'amour, pour des gens comme nous. C'est comme si on nous attrapait par l'intestin et qu'on nous le déroule jusqu'au bout.

Les personnages sont aussi la grande force de ce roman. On découvre ainsi le personnage d’Adrien qui, à cause d’une grande malchance, se retrouve avec la bouche en moins. Il passe donc la totalité de la première guerre mondiale dans un hôpital à enchaîner les opérations et les parties de cartes avec ses camarades de chambre. Entre temps, il ne cesse de penser à l’amour et aux femmes, bien qu’il sait que son état peut être un frein. On découvre ainsi un personnage qui n’a pas perdu foi en la vie, qui montre des coups de mou de temps en temps mais qui sait se relever. 

Les deux autres principaux personnages, Weil et Penanster. Ils sont également devenus des gueules-cassées mais possèdent la même force que le héros, formant un trio imposant et plus que respectable. L’apport d’un personnage féminin, du nom de Marguerite, également touchée physiquement par la guerre, permet de rajouter une touche féminine. De plus, son personnage est plutôt intéressant bien que plus secondaire que les trois combattants. Pour un roman aussi court, on apprend quand même énormément de choses sur ces différents personnages, l’histoire-même tourne autour d’eux, rendant la lecture intéressante. Ce roman fût une très bonne découverte. Les personnages principaux sont très attachants et l’auteur, à travers eux, arrive à dénoncer tous les défauts de la guerre et de la société qui l’ont suivi à sa fin.

19 / 20

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