jeudi 16 novembre 2017

Dix petits nègres


Dix petits nègres
Agatha Christie  •  222 pages  •  1939

En a-t-on parlé de l'Île du Nègre ! Elle avait, selon certains, été achetée par une star de Hollywood. Des journaux avaient insinué que l'Amirauté britannique s'y livrait à des expériences ultrasecrètes. Bref, quand ils reçurent - sans savoir de qui - cette invitation à passer des vacances à l'Île du Nègre, tous les dix accoururent.

L’histoire des « Dix petits nègres » ne m’est pas inconnu puisque j’avais déjà regardé la série adapté du roman. Une île où dix personnes sont conviées par une même personne, qui leur est inconnue bien sûr, pour passer quelques jours. L’histoire se met petit à petit en place. On découvre alors ces invités qui ont tous reçus une invitation différente, semant déjà le trouble dès les premières pages : une réunion d’anciens combattants, une consultation, un poste de secrétaire... Ça sent l’entourloupe et on se demande même comment ils n’ont fait pour pas sentir l’arnaque. Lorsqu’ils le réalisent enfin, c’est trop tard et les doutes commencent à voir le jour.

Très rapidement, on trouve un rythme plutôt rapide, accéléré, oppressant. Agatha Christie avait vraiment un talent pour nous faire ressentir, les sentiments de ces personnages. Une seule question est sur les lèvres : est-ce que mon voisin est un assassin ? Tout le monde se pose cette question, tout le monde se soupçonne et cela donne une ambiance très inquiétante. Les meurtres aussi possèdent un rythme plutôt rapide : presque un à chaque chapitre alors qu’il n’y en a que 16 !. Ils ressemblent à un véritable règlement de compte et le fait qu’ils respectent parfaitement une comptine était une excellente idée : on sait ce qui va se passer mais on se laisse quand même surprendre par les événements. J’ai quand même remarqué qu’en lisant le roman, on peut deviner plus facilement qui pourrait être l’assassin mais je pense que ce qu’il avait derrière la tête ne pouvait pas être imaginé.

Bien qu’il soit plutôt court (il ne fait que 222 pages), il est très bien construit. On est rapidement dans le vif du sujet, l’auteur ne tarde pas avec des fioritures. Les seules descriptions que l’on peut lire évoquent le passé des personnages. En effet, tous ont fait quelque chose dans leur vie, bien souvent des meurtres, et subissent maintenant le jugement suprême. Sans ralentir l’histoire, on en apprend donc plus sur pourquoi ils sont là et c’est tout aussi intéressant. Certes, on devine rapidement qui est l'acheteur de l'île mais j’ai beaucoup apprécié que l’auteur de tous ces crimes soit uniquement révélé à la toute dernière page, laissant un maximum de suspense jusqu’à la fin de la lecture.

 - C'est plus facile à croire que la vérité ! grinça Lombard. Si on avait dit aux villageois que l'île devait rester isolée jusqu'à ce que Mr Anonyme O'Nyme ait tranquillement assassiné tous ses invités, vous pensez qu'ils y auraient cru ?
- Il y a des moments où je n'arrive pas à y croire moi-même, marmonna le Dr Armstrong. Et pourtant...
- Et pourtant... c'est exactement le cas !

Le seul petit point désagréable que je pourrais trouver au roman est la grande présence de personnages. En effet, ils sont donc dix mais leurs professions sont souvent proches et je m’emmêlais souvent les pinceaux. Après, comme ils possèdent tous un nom bien différente donc la compréhension n’était pas trop altérée. Tous ces caractères très différents finiront par se ressembler pour devenir un être plein de soupçons et de crainte, et cela est très bien amené par l’auteur. Connaissant tous leur culpabilité, ils comprennent bien que leur fin est proche. Bien que l'histoire ne m'était pas inconnue, j'ai plus qu'apprécié ma lecture. Un univers oppressant avec des personnages torturés par leurs actes passés qui vont enfin payés pour ce qu'ils ont fait, au nom d'une justice imaginaire.

20 / 20

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