mercredi 22 novembre 2017

Au revoir là-haut


Au revoir là-haut
Edition Albin Michel  •  567 pages  •  2013

Rescapés du chaos de la Grande Guerre, Albert et Edouard comprennent rapidement que le pays ne veut plus d'eux. Malheur aux vainqueurs ! La France glorifie ses morts et oublie les survivants. Albert, employé modeste et timoré, a tout perdu. Edouard, artiste flamboyant mais brisé, est écrasé par son histoire familiale. Désarmés et abandonnés après le carnage, ils vont, ensemble, imaginer une arnaque d'une audace inouïe qui mettra le pays tout entier en effervescence.

Je savais que je partais bien avec ce livre car je suis très friande des romans parlant de la guerre. J’ai donc énormément apprécié les premiers chapitres où l’auteur décrit les conditions que les Poilus devaient supporter dans les tranchées. Seulement, contrairement à ce que je pensais, la guerre ne représente qu’une toute petite partie puisque la majorité du roman se déroule dans le Paris de l’après-guerre. Malgré tout, l’auteur arrive très bien à passer des tranchées aux rues parisiennes sans que cela semble sortir de nulle part et l'entourloupe est également très bien amenée, semblant réaliste.

L’auteur a décidé de diviser son roman en 3 parties différentes, plus ou moins grandes mais toutes aussi importantes. Malheureusement, le rythme est alterné entre de grandes descriptions, pouvant faire jusqu’à plusieurs pages, le ressenti des héros et les quelques péripéties qui permettent de le relancer. Quelques chapitres se consacrent également à d’autres personnages, plus minoritaires alors qu’ils ont quand même une place très importantes. Ils sont indispensables pour comprendre la totalité de l’histoire, bien que je n’en aie pas compris certains.

Malgré tout, ce roman prend aux tripes. On passe par tellement de sentiments qu’on a l’impression de vivre totalement l’histoire, comme si nous étions à côté d’eux dans les rues de Paris ou dans les tranchées. En quelques pages, on est capable de passer de la joie aux larmes ou encore à la colère. De plus, l’auteur traduit très bien le ressenti des combattants après la guerre, ce ressenti d’être totalement invisible et d’être une personne commune alors que l’on a risquait notre vie pour protéger le pays.

Aujourd'hui, évidemment, il jugeait les choses assez différemment. Il savait que la guerre n'était rien d'autre qu'une immense loterie à balles réelles dans laquelle survivre quatre ans tenait fondamentalement du miracle.

C’est la grande force de ce roman. Chaque personnage pose sa pierre à l’édifice si on peut ainsi dire et on peut dire qu’ils sont assez nombreux. Certaines fois, il y en avait tellement que je les confondais ou que j’oubliais les plus minoritaires. Malgré tout, ce roman possède deux héros imposants et forts. D’un côté, on a Albert, personnage que j’ai adoré suivre. Il se sent redevable envers Edouard, qui lui a sauvé la vie, et on le voit bien à travers ses actes : il met totalement sa vie de côté pour satisfaire celle de son ami. Edouard, quant à lui, a perdu goût à la vie mais au fil des pages, il retrouve petit à petit goût à la vie et bien qu’on ne fasse pas partie de l’histoire, on le soutient de tout notre cœur.

Il y a également d’autres personnages comme le général Pradelle, qui m’a énervé au plus haut point mais qui, au final, paye enfin pour ses actes, ou encore Madeleine pour qui on ressent de la pitié face à la vie que son mari lui fait mener. On s’attache également à monsieur Péricourt qui découvre tout l’amour qu’il éprouve pour son fils en apprenant sa mort. D’autres personnages m’ont également choqué comme Labourdin, maire croyant qu’il peut se permettre de tout et n’importe quoi avec les femmes. D’ailleurs, celles-ci sont souvent représentées comme des êtres inférieurs et cela m’a énormément dérangé. Ce gros pavé fût une très bonne lecture. Malgré un rythme plutôt irrégulier, les personnages sont attachants et intéressants, principalement Albert et Edouard grâce à leur vécu et leur caractère, bien que différents.

17 / 20

2 commentaires:

  1. Ce roman m'a réconciliée avec le genre historique, qui n'est pas ma tasse de thé habituellement...
    Le film est bon, mais il était impossible de mettre à l'écran une histoire aussi dense! Une série aurait peut-être permis de détailler l'intrigue de façon plus approfondie.

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    1. Je n'ai pas encore vu le film mais je te rejoins sur le fait qu'une série aurait été une bonne idée également !

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