vendredi 13 octobre 2017

Absences


Absences
Edition Robert Laffont  •  414 pages  •  2013

Après l'assassinat d'Amanda O'Toole, septuagénaire retrouvée amputée de quatre doigts dans son appartement, la police n'a pas grand mal à diriger ses soupçons sur la voisine et amie de la victime. Jennifer White, ex-chirurgienne orgueilleuse, n'entretenait-elle pas un rapport de force complexe avec la victime, fait de rivalités et de trahisons ? Difficile de percer ce mystère quand la principale suspecte souffre d'Alzeihmer et qu'elle ignore elle-même si elle est coupable... Face à une personnalité aussi imprévisible et tourmentée, la vérité ne peut être simple.

Mon tout premier roman des éditions 10/18, qui me donnaient souvent envie ! On fait donc la rencontre de Jennifer White, jeune retraitée atteinte de la maladie d’Alzheimer et malheureusement, première suspecte dans le meurtre de sa voisine et amie depuis de longues années. C’est la première fois que je lisais un thriller mettant en avant des personnages à la retraite et je trouvais l’idée plutôt intéressante. Après tout, on ne les soupçonne pas forcément, les imaginant plutôt sages pour leur âge.

La rédaction du roman retranscrit bien les pertes de mémoire de l’héroïne. Tout d’abord, il n’existe aucun chapitre, simplement une accumulation de paragraphes. Malheureusement, les dialogues ne se diffèrent pas du texte et j’ai parfois eu du mal à savoir qui parler, à quel moment. De plus, d’un paragraphe à un autre, on passe rapidement d’une chose à l’autre. Au début, on est totalement perdu, on ne comprend plus rien mais petit à petit, on arrive à prendre nos marques et arrive à nous mettre à la place de Jennifer. Le roman est aussi réparti en 4 parties, plus ou moins inégales mais montrant une évolution dans le comportement de Jennifer. Pour dire, la première partie fait presque 200 pages tandis que la dernière en fait que 10. Au fur et à mesure des pages, son état se détériore mais en s’accrochant bien, on arrive à discerner les souvenirs et la réalité dans laquelle elle vit.

Un grand panneau est collé au mur de la cuisine. Les mots, écrits au gros marqueur noir d'une main tremblotante débordent du papier : Je suis le docteur Jennifer White. J'ai soixante-quatre ans. Je souffre de démence sénile. Mon fils Mark a vingt-neuf ans. Ma fille, Fiona, a vingt-quatre ans. Une aide-soignante, Magdalena, vit avec moi.

Seulement, au lieu de suivre l’enquête sur le meurtre d’Amanda, on suit simplement le quotidien de Jennifer en tant que personne atteinte d’Alzheimer. En effet, l’enquête n’est pas du tout développée et c’est bien dommage pour un livre se considérant comme un « thriller ». Pour dire, Jennifer a du aller au commissariat que 2 ou 3 fois sur 400 pages. Moi qui m’attendais à un rythme soutenu, plein de révélations, j’ai simplement eu un rythme monotone et lent. De plus, les révélations finales étaient prévisibles à partir d’une partie du roman. D’ailleurs, l’enquête semble se résoudre comme par magie puisque l’on ne connaît presque aucun détail concernant celle-ci.

Ce roman ne comporte pas énormément de personnages et heureusement sinon je pense que je me serais totalement perdue. Il y a bien sûr l’héroïne, Jennifer, qui est un personnage plutôt étrange. En effet, elle a certaines particularités que je trouvais plutôt dérangeante comme le fait qu’elle semble insensible face, par exemple, à la mort de sa mère. De plus, elle n’hésite pas à pardonner les tromperies de son mari, disant que la tromperie est humaine. Le personnage d’Amanda cache aussi son lot de mystères. Très rapidement, on découvre une femme avec une jalousie gargantuesque et un sens de la justice si grand qu’elle est capable de détruire des personnes entières pour que la vérité soit découverte.

Le personnage qui m’a le plus dérangé est le personnage de Mark, fils de Jennifer, qui ne connaît sa mère que pour obtenir de l’argent. Il sort souvent de ses gonds et en plus, pour des raisons futiles. Le personnage de Fiona, elle, cache aussi des secrets mais je l’ai beaucoup apprécié. Malgré la maladie de sa mère, elle ne l’abandonne pas au point de prendre en main ce qu’elle n’arrive plus à faire elle-même maintenant. Il y a aussi le personnage de Magdalena, l’aide-soignante de Jennifer, mais il est très peu développé, ce qui est bien dommage. En 400 pages, on pouvait bien en apprendre un peu sur elle, non ? Ce roman n'est pas ce que j'imaginais mais n'est pas une mauvaise lecture non plus. C'est un très bon roman sur la maladie d'Alzheimer mais malheureusement, un mauvais thriller.

12 / 20

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