lundi 25 septembre 2017

Lily


Lily
Edition La joie de lire  •  201 pages  •  2015

Paris, 1961, Lily a seize ans. Pas de soirée juke-box ni de rock'n roll, le concours d'admission dans les ballets de l'Opéra est toute proche. Depuis des années, elle travaille pour vivre son rêve : être ballerine. Son frère Michel, qu'elle aime plus que tout, est parti faire la guerre en Algérie. Sans nouvelles de lui, plus rien n'a de sens dans la vie de Lily, pas même la danse. 

J’ai eu énormément de mal avec le début de ce roman parce que le rythme était très lent, ça n’avançait pas du tout. Le roman se divise clairement en 2 grandes parties : la première durant laquelle Lily n’a aucune nouvelle de son frère et la seconde où elle reçoit finalement de ses nouvelles et qu’elle apprend de nouveau à vivre. Cette dernière partie est beaucoup plus rapide et m’a permis de prendre du plaisir en lisant et d’ainsi, terminer ma lecture.

On peut voir dans le résumé que ce roman parle de la guerre d’Algérie. Seulement, on n’en parle vraiment presque jamais. Je pensais que l’on aurait les réactions de Michel depuis le front, en Algérie, mais cela n’arrive que 2 ou 3 fois et c’est beaucoup trop peu. On n’est au courant de rien, on ne sait pas du tout ce qui se passe là-bas et c’est bien dommage. Les rares fois où on évoque la guerre, on la montre de façon enfantine et tranquille alors que c’était, en réalité, des montagnes de morts. Tout se passe presque trop bien, ôtant la notion de réalisme de l’histoire.

Il n’était pas rare également que je me trompe de personnages dans les dialogues. A la fin de la page, je réalisais que le personnage qui parlait n’était pas celui auquel je pensais. En effet, l’auteur a pris le pari fou de rédiger ce roman en partageant les dialogues entre 3 personnes : Lily bien sûr, son frère Michel mais également son cousin Philippe, qui raconte toute l’histoire à sa petite-fille, Lorie. Cet amas de personnages était très lourd à digérer mais surtout à différencier.

Le bon point de ce roman est quand même le personnage principal qu’est Lily. On voit une réelle évolution de l’héroïne. Au tout début, elle m’énervait totalement, elle ne faisait plus rien sous prétexte que son frère ne soit plus là. Elle souffre physiquement, on lui demande si ça va mais elle nie à chaque fois. Parfois, elle m’énervait car elle répétait sans cesse « Ah ! Si Michel avait été là ! » et se plaignait absolument tout le temps. Seulement, dès qu’elle obtient enfin de ses nouvelles, elle revit totalement. Son goût pour la danse revient, elle revoit ses amies, tout va pour le mieux. Malgré tout, sa jalousie envers son frère devient plus forte qu’auparavant. En 200 pages, on assiste à une véritable métamorphose.

On veut danser pour marcher sur les nuages. Mais pour ça, il faut d'abord piétiner sur des braises, jour après jour. Des années de sueur et de larmes pour voler au-dessus de la scène, pour ce moment d'arrêt, une éternité. Et retomber. Un instant seulement, sortir de son corps d'humain, toucher le ciel. C'était tout. Et c'était énorme.

L’auteur a eu la bonne idée d’utiliser certains personnages pour dénoncer. Par exemple, à travers le personnage de Nicole, elle évoque l’obligation d’avoir un corps mince et élancé pour faire de la danse classique à l’Opéra de Paris. Les danseuses doivent alors suivre des régimes stricts, mettant souvent leur santé en danger. Les personnages de Dan et Pierre-Luc montrent des personnes qui ont sûrement existé à l’époque de la guerre d’Algérie, des personnes qui pensent pouvoir tout régler par eux-mêmes et sans aide extérieure. Malheureusement, d’autres personnages ne sont absolument pas développés comme Nino, Claire ou Mame Marthe. Malgré un début difficile et une fin peu réaliste par rapport au thème, ce roman a réussi à me plaire. On découvre un personnage féminin qui surmonte ses peurs et réussit à grandir pour devenir une jeune et forte femme.

13 / 20

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